Partager l'article ! Compte rendu de La Pastourelle édition 2010: 29 mai 2010 à 12h00. J’arrive à l’entrée du village de Salers qui co ...
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29 mai 2010 à 12h00. J’arrive à l’entrée du village de Salers qui connaît une effervescence digne des plus belles journées d’été, lorsque ce petit village pittoresque et classé parmi les plus beaux de France est pris d’assaut par les touristes. Mais aujourd’hui tous les records d’affluence seront largement battus, car outre les habituels touristes de cette fin du mois de mai, l’organisation de la manifestation La Pastourelle attend 3000 sportifs et promeneurs, inscrits sur les 3 courses VTT, la randonnée pédestre et, bien-sûr, la désormais fameuse course pédestre. Au moment où je me présente à l’entrée du bourg, j’aperçois les dernières concurrentes de la course féminine de 10 km qui arrivent complétement épuisées. Je suis accueilli par une musique d’ambiance relayée dans tout le village au moyen d’une sono, ainsi que par des groupes musicaux présents sur la ligne d’arrivée.
Une fois mon dossard, ma puce et mon petit souvenir (un coupe-vent de très bonne facture) récupérés, je redescends dans le pré-parking pour m’équiper. Heureusement que j’ai pris mes délais car même en arrivant 1h45 avant le départ, le temps file très vite, d’autant plus qu’une distance d’un kilomètre environ sépare le parking improvisé du lieu de retrait des dossards. Dans le pré, c’est l’heure du repas pour beaucoup de coureurs et accompagnateurs, qui ont sorti les tables et chaises de camping. En passant en revue les différents véhicules, je peux identifier des plaques minéralogiques d’à peu près tous les départements français. Au-dessus de nos têtes c’est le balai de l’hélicoptère de la gendarmerie qui est de sortie pour assurer la sécurité de la course, conjointement avec des éléments de la sécurité civile. Décidément les choses ont été faites en grand. Aurais-je sous-estimé l’ampleur et le niveau de cette course ???13h55 : le départ est donné devant l’esplanade de Barrouze, avec Dawa Sherpa en « guest star ». Une petite boucle dans les rues étroites et sinueuses du village médiéval nous amène vers un pré bien délimité par de la tresse, ce qui me fait un peu penser à un parcours de cross. Un peu enfermé dans un petit peloton dans les rues, je profite de ce plus grand espace pour essayer de m’installer pas trop loin de Dawa et de l’autre Suisse de la course, Adrian Schlatter, qui avait fini 4° l’an passé. J’aperçois également Martin Reyt dans sa tenue du team Platinium Nutrition Compressport qui prend la tête. En sortant du pré, un petit chemin nous amène directement dans les pâturages à flanc de montagne, où la pente s’accentue très rapidement. Dur pour les jambes mais également pour le souffle. Et oui après 6 heures de voiture la veille et une différence d’altitude de près de 800 m entre la Bretagne et le village de Salers, l’organisme a tout intérêt à très vite s’adapter. En fait c’est l’ascension du Suc Scobru qui vient de commencer (4 km de montée pour un dénivelé positif de 260 m). Dans cette première pente, nous doublons déjà les dernières équipes de relais parties 10 min avant nous. Là une bonne dizaine de coureurs sont déjà devant moi, dont Dawa Sherpa, Martin Reyt et Adrian Schlatter.
Deux puis trois coureurs arborant les couleurs d’un club inconnu pour moi (Bouliac Sport) me dépassent doucement mais irrésistiblement. Je me dis qu’ils risquent de payer leurs efforts du début de course, surtout qu’ils n’ont rien sur eux, ni eau ni nourriture (en fait je me trompe complètement car les coureurs constituant le podium à l’arrivée venaient tout juste de me dépasser). En haut du Suc Scobru (1207 m), une petite descente nous permet de souffler quelque peu sur un petit kilomètre. Mais la pente se redresse à nouveau, nous amenant jusqu’au sommet du Puy de l’Agneau à 1315 m (là la pente est moins sévère qu’au départ, accusant un dénivelé positif de 150 m pour 3,5 km). Dans cette longue montée 5 ou 6 coureurs me dépasseront encore. Puis c’est enfin une longue descente sur un chemin caillouteux, qui nous amènera vers le col de Néronne. A cet endroit, les équipes changent de relayeur et une bonne centaine de gens nous encouragent au passage. Encore 2 ou 3 coureurs bien en jambes profiteront de cette descente pour passer devant moi.
Nous entrons dans un petit bois et le parcours se met à remonter dans un grand chemin ombragé, puis sur de petits sentiers monotraces au milieu des rochers, de la bruyère et des fougères. J’admire au passage quelques superbes panoramas, notamment en direction du Puy-Mary enneigé à son sommet. A ce moment de la course, les écarts commencent à se stabiliser entre les coureurs et seuls 2 coureurs me dépasseront jusqu’à la tente ravitaillement truffade, au buron d’Impramau. Nous avons parcouru seulement 14,5 km et nous sommes à 1377 m d’altitude. Mais pour les coureurs qui découvrent la course comme moi, c’est la surprise lorsque l’on lève les yeux vers les sommets qui nous attendent. En effet, face à nous se dresse le Roc des Ombres (1663 m et point culminant de la course), recelant d’ailleurs quelques zones neigeuses dans ses parties les plus ombragées. Nous nous éloignons doucement des sonorités tumultueuses et enjouées de la Banda Bono (et oui c’est que ça grimpe par- là !). Mon habitude des distances plus longues semblent progressivement faire la différence à partir de cet instant, où la pente est la plus sévère, car je reviens sur 3 coureurs qui marchent alors que je grimpe à toutes petites foulées. Néanmoins un concurrent revenu de l’arrière parviendra tout de même à me dépasser dans cette terrible pente, rendue plus difficile encore en raison des plaques de neige. Puis au bout de quelques centaines de mètres de grimpette, je me retrouve face à un mur. En effet, les dernières dizaines de mètres vers le sommet du Roc des Ombres relèvent davantage de l’escalade que de la course. Pendant cette ascension, je reçois un caillou sur une main. En effet, le sol est tellement humide que des pierres se décrochent lorsque nous escaladons la pente. Heureusement le caillou, bien que gros comme mon poing, n’avait pas assez de vitesse pour occasionner davantage qu’une égratignure et un beau bleu (pas le fromage d’Auvergne). Arrivé au sommet, je peux ressentir la différence de température avec la zone de départ à Salers. Selon moi, il ne doit pas faire plus d’1 ou 2°C ici. A noter que depuis le Col de Néronne jusqu’au sommet du Roc des Ombres, nous avons parcouru 6,5 km pour 600 m de dénivelé positif.
Sur un petit sentier très caillouteux et rendu particulièrement glissant par la neige et l’humidité, nous franchissons la Brèche d’Enfloquet. C’est ensuite un sentier plus large qui nous conduit jusqu’au Puy Violent, où quelques centaines de mètres de pente à travers les rochers nous amèneront au sommet de ce dernier.
Ayant repéré le profil du parcours sur internet, je sais que désormais c’est de la grande descente jusqu’à 2 km de l’arrivée. Je m’attendais à rencontrer une pente très technique et ce sera le cas dans le premier kilomètre de descente. Mais à partir du parking du Puy Violent, nous descendons à toute vitesse sur une petite route très pentue. Pour les gens sujets aux crampes, je pense que ce sera le déclencheur de leurs futurs maux. De mon côté, ayant opté pour le port de bas de contention, pas l’ombre d’une crampe à l’horizon. Au cours de cette descente, je dépasserai un coureur, puis me ferai doubler par un autre dans la partie basse de la pente, lorsque nous aborderons à nouveau de petits chemins caillouteux et ombragés.
Cette partie de la course nous permet d’une part de nous reprendre un peu et d'autre part d’avaler les kilomètres à toute vitesse. Arrivés à Saint-Paul de Salers, la dernière partie du parcours nous attend : un peu moins de 3 km pour 200 m de dénivelé positif. C’est dans cette partie que la plupart des coureurs vont se démobiliser, perdant quelques places au classement, car relancer la machine après cette longue descente s'avère vraiment très difficile. Dans cette dernière portion, je doublerai 6 coureurs qui n’auront plus ni la force ni la volonté de courir dans les passages un peu moins pentus. Il faut dire que là c’est ma pratique des trails bretons qui fait la différence. Un parcours en sous-bois avec des bosses à répétitions et sur un petit chemin assez technique n’en finissant pas de grimper, voilà qui rappelle les dernières parties de tracé des courses ô combien nombreuses en Armorique. Environ 1 km avant l’arrivée nous débouchons dans un pré où les gens, rassemblés en nombre, nous encouragent. Et lorsqu’il reste encore un petit soupçon d’énergie et de volonté, ces encouragements vous transportent littéralement jusqu’à la ligne d’arrivée. Je dépasserai ainsi encore 2 concurrents avant d’arriver dans les rues du village de Salers, puis dans la dernière ligne droite jusqu’à l’arche d’arrivée. Au final je me classerai 23° sur 750 concurrents en 2h46.
Après avoir englouti ma petite collation à l’arrivée (saucisson d’Auvergne, morceau de Cantal et quelques tranches de pain de seigle), je vais échanger quelques paroles avec Dawa Sherpa. Comme je m’y attendais, c’est un personnage très simple et très abordable, qui est loin de se considérer comme un champion (son palmarès semblerait dire le contraire). En tout cas merci Dawa pour ta simplicité et ta disponibilité à cet instant où les concurrents aiment tout particulièrement échanger leurs impressions sur la course.
Côté organisation, j’ai été vraiment surpris par la maîtrise parfaite de l’équipe des responsables et animateurs. Il faut également souligner l’accueil chaleureux des bénévoles, que ce soit au départ, sur les lieux de ravitaillement ou même encore lors des passages dangereux. Je pense que l’on peut tirer notre chapeau notamment à ceux postés sur la pente du Roc des Ombres et un peu plus loin jusqu’au Puy Violent, car là-haut il ne devait pas faire bien chaud sans bouger. Et encore une fois merci à tous les spectateurs qui nous encouragent à notre passage. Certains coureurs ne vous répondent peut-être pas, mais sachez que cela réchauffe le cœur de vous entendre nous applaudir et nous haranguer . Pour finir, un petit mot du parcours. Malgré un soleil des plus discret, les paysages traversés et les paysages proposés sont de toute beauté. Nous jouissons à de nombreux endroits de points de vue uniques sur les Monts du Cantal et les vallées verdoyantes qui valent à ce département le surnom de « Pays vert ». Par conséquent, si vous cherchez une course de préparation avant d’aborder les longs et difficiles trails de l’été et du début de l’automne, ne cherchez pas plus loin, La Pastourelle ne pourra que vous convenir. Et elle vous séduira tellement que je suis sûr que comme moi, vous vous direz : « Si mon emploi du temps me le permet, l’année prochaine je serai à nouveau présent au rendez-vous ! ».
Ecrit par Hervé RICHOU